Avec « Embrasse-moi ! » de J.P Pelaez, l’an passé, l’Entresort s’était penché sur l’inconstance amoureuse, l’adultère et ses funestes et non moins dérisoires tromperies… Et l’on a
beaucoup ri ces soirs-là au Théâtre de l’Entresort !…
Avec « L’ART D’AIMER », et toujours avec le sérieux caustique qui caractérise le travail de ses acteurs, le Théâtre de l’Entresort se penche aujourd’hui sur ce problème crucial et sensible qui va jusqu’à anéantir, bien souvent, nos plus tendres projets. Il nous fallait absolument, passionnément, trouver une réponse à cette question essentielle, déjà posée par Ovide, poète philosophe latin du 1er siècle avant Jésus-Christ : « Comment investir dans un amour durable ? » Oui, comment faire pour retrouver la source, l’essentiel de ce piment si doux qui fait courir le monde : l’Amour !?!
Jacopo Fo, écrivain italien, spécialiste de la question, nous dirait : « Nous ne sommes pas assez attachés au plaisir, qui requiert le goût de l’abandon, de la perte de temps, de la passivité… ». Peut-être avons-nous simplement perdu le sens et le goût de… la séduction !?!
Avec Les Liaisons Dangereuses, avec Dom Juan, avec les lettres d’amour que Napoléon écrivait à Joséphine, ce goût de la séduction devient un art : L’Art d’Aimer ! Et cet art, à la fois si délicat et si dérisoire, le Théâtre de l’Entresort en a fait un spectacle : Des paroles d’amour, un piano et des chansons de Guy Marchand, un hymne à l’amour, tendre et décalé, un tour de chant polisson et voluptueux, agrémenté des ces épices littéraires irrésistibles qui s’écrivent, s’écoutent et se goûtent à deux, avec ou sans oreiller !…
Un délicieux moment plein d'humour à savourer !
Une leçon de plaisir dont il ne faudrait pas se priver... mettant en scène les textes d'Ovide
premier libertin de la Rome Antique et du monde « civilisé », véritable OVNI percutant, il y a 2000 ans, les lois, les bonnes mœurs et la morale.
Ovide s'attache à l'amant, et veut enseigner à celui-ci non seulement la manière de conquérir sa maîtresse mais principalement de la retenir, la façon de
transformer la fureur physique en tendresse.
En l'an 8 de notre ère, le tonnerre éclate dans le ciel serein d'Italie, l'Empereur Auguste chasse de Rome le génial Ovide, un de ses plus grands poètes, et l'exile chez les « Barbares », aux
confins de l'Empire. Prétexte invoqué : le poète a publié (9 ans auparavant !) L'ART D'AIMER, un ouvrage jugé licencieux et scandaleux qui avait aussitôt ravi les Romains et connu un succès
prodigieux à en juger notamment par les graffitis des « bordels » et des tavernes de Pompéi. Parlant de la femme, il s'adresse à la femme : il en fait une "personne". Il ne l'admoneste pas, mais
il l'a fait paraître.
Son univers est dépourvu totalement de la notion de pêché et cet univers est brillamment mis en scène par Bernard Laborde campant avec brio le rôle de l'éternel séducteur jouant au chat et la
souris auprès de son éternelle muse Mireille Huchon et accompagné au piano par le talentueux Paul Goillot .



